Chronique de la pensée multiple
Par Valéry Giscard d'Estaing le vendredi 25 juillet 2008, 15:48 - Actualités - Lien permanent
Par Valéry Giscard d’Estaing, parue dans LE POINT daté du 24 juillet 2008.
Thèmes abordés :
- Le charisme de Barack Obama
- La crédibilité de John McCain
- Réformer les institutions européennes.
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Commentaires
" Réformer les institutions européennes " ?
Mais les institutions européennes ne représentent pas un peuple !
Par exemple, le Parlement Européen ne représente pas le peuple européen puisque le peuple européen n'existe pas.
En revanche, le peuple français existe. Le peuple français est représenté par le parlement français.
Le peuple hollandais existe. Le peuple hollandais est représenté par le parlement hollandais.
Le peuple irlandais existe. Le peuple irlandais est représenté par le parlement irlandais.
Etc.
Vouloir construire des institutions européennes sur une base qui n'existe pas, c'est ridicule.
Que va-t-il se passer dans les années qui viennent ?
Hypothèse : les peuples français, hollandais, irlandais, italien, espagnol, etc. vont vivre un appauvrissement généralisé.
Face à cette paupérisation générale, comment vont réagir les dirigeants politiques des 27 pays ?
Les dirigeants politiques français vont choisir de mener une politique adaptée au peuple français, une politique adaptée à l'économie française.
Les dirigeants politiques allemands vont choisir de mener une politique différente, c'est-à-dire une politique adaptée au peuple allemand, une politique adaptée à l'économie allemande.
Les dirigeants politiques italiens vont choisir de mener une politique différente, c'est-à-dire une politique adaptée au peuple italien, une politique adaptée à l'économie italienne.
Les dirigeants politiques espagnols vont choisir de mener une politique différente, c'est-à-dire une politique adaptée au peuple espagnol, une politique adaptée à l'économie espagnole.
Etc.
Conclusion : les pays d'Europe de l'Ouest ne voudront plus payer pour les pays d'Europe de l'Est, et d'ailleurs, ils n'en auront même plus les moyens. Les économies des pays européens vont diverger. Les forces centrifuges vont s'exercer avec de plus en plus d'intensité. L'Union Européenne éclatera dans quelques années.
Le plus tôt sera le mieux.
Le problème avec ce genre de raisonnements, c'est qu'on ne pourra jamais avoir l'unanimité sur ce sujet.
Vous dites que le peuple européen n'existe pas mais certains pensent être européens, vous dites que le peuple français, hollandais etc existent, mais certains français pensent être autre chose (des basques, des bretons ou autre).
Je pense qu'en europe, le principal c'est de bien définir une bonne fois pour toute à quoi devra servir l'union, quels seront ses pouvoirs et quelle sera son organisation.
Après libre à chacun de voir l'europe comme une communauté de nations, et donc le peuple européen comme une communauté de peuples, ou comme un grand peuple séparé en plusieurs pays.
vincent15 écrit : " Après libre à chacun de voir l'europe comme une communauté de nations, et donc le peuple européen comme une communauté de peuples, ou comme un grand peuple séparé en plusieurs pays. "
Encore ?
Vous persistez à parler du " peuple européen " ?
Vous persistez à écrire que le peuple européen existe ?
Non, mais, franchement, vous croyez encore à ce que vous dites ?
Union Européenne / Traité : 71 % des Irlandais opposés à un nouveau référendum (sondage).
Près de trois-quarts des Irlandais sont opposés à la tenue d'un nouveau référendum portant sur le traité de Lisbonne, selon un sondage publié dimanche 27 juillet.
71 % des Irlandais rejettent l'hypothèse d'une nouvelle consultation populaire, après la victoire du "non" à 53 % au référendum du 12 juin, selon ce sondage réalisé pour le cercle de réflexion eurosceptique Open Europe, basé à Londres.
Seulement 24 % des personnes interrogées sont favorables à la tenue d'un second référendum.
Parmi les personnes ayant exprimé une opinion, 62 % disent qu'elles voteraient "non" en cas de nouvelle consultation, 34 % penchant pour le "oui".
Ces chiffres signifient que l'avance du "non" serait portée à 24 points dans l'éventualité où les Irlandais seraient appelés à voter à nouveau, a assuré Open Europe.
Ce sondage montre également que 17 % des personnes ayant voté "oui" en juin seraient désormais prêtes à dire "non", contre 6% de celles ayant voté "non" qui seraient maintenant décidées à approuver le traité.
Autre fait significatif, parmi les personnes s'étant abstenues en juin, 57 % disent être prêtes à voter "non", contre seulement 26 % "oui".
Ils sont 67 % à approuver le jugement que "les hommes politiques européens ne respectent pas le non irlandais", et 61 % à être en désaccord avec l'idée que "si les 26 autres membres de l'UE ratifient le traité dans leur parlement, alors l'Irlande doit changer d'avis et soutenir le traité".
53 % des Irlandais se disent moins susceptibles de voter en faveur du Premier ministre Brian Cowen aux prochaines élections législatives, s'il convoque un nouveau référendum.
"Les dirigeants européens qui tentent de forcer l'Irlande à voter à nouveau jouent un jeu très dangereux, et il semble que Brian Cowen pourrait mettre son avenir politique en jeu s'il demande un nouveau vote", a commenté le directeur d'Open Europe, Neil O'Brien.
"En paraissant forcer la main des électeurs, les hommes politiques européens conduisent en fait beaucoup de gens dans le camp du non ", a-t-il estimé.
Ce sondage a porté sur 1 006 personnes interrogées entre le 21 et le 23 juillet, dès la fin de la visite à Dublin du président français Nicolas Sarkozy.
M. Sarkozy, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE, avait dû démentir lors de ce déplacement avoir dit que les Irlandais devraient "revoter" sur le traité de Lisbonne, et avait assuré qu'aucune solution ne leur serait imposée.
L'Irlande est le seul pays obligé, par sa Constitution, à soumettre le traité européen à référendum.
Les 26 autres pays de l'UE le soumettent à une ratification parlementaire.
Le gouvernement irlandais a commandé ses propres enquêtes d'opinion sur le résultat du référendum.
http://www.lemonde.fr/web/depeches/...
La vraie ambition, c'est effectivement celle qui nous permet d'être pleinement soi-même. merci d'insister sur l'importance (trop oubliée) de l'entente et de la coopération vec l'Allemagne.
C'est ce qui m'a poussé à reprendre cett chronique sur relatio-europe.eu, le cyberjournal de l'Europe citoyenne.
Bonnes vacances, monsieur le Président. mais pour l'Europe, "vacance" ne doit pas être synonyme de "vide". Très respectueusement
Je suis extrêmement étonné que, dans mon pays, depuis le début des primaires pour les élections présidentielles américaines, les medias n'aient, à quelques exceptions près, évoqué que la compétition entre Hillary Clinton et Barak Obama dans un premier temps, puis se comportent comme si ce dernier devait être inéluctablement élu en fin d'année.
A quoi attribuer ce silence quasi général concernant John Mc Cain et le parti républicain ? Est il politiquement incorrect, pour un citoyen français de souhaiter être tenu informé des options de politique étrangère, et en particulier vis-à-vis de l'Europe, économiques, et en particulier concernant les règles du commerce international, des candidats restant à ce jour en lice ?
A Monsieur Valéry Giscard D'Estaing,
Monsieur,
L'Irlande a dit NON au Traité de Lisbonne, présenté comme un "mini-traité" ou un "traité simplifié", qui était en fait plus long et plus complexe que le TECE de 2005.
Déjà, l'Irlande était le seul pays européen à soumettre au vote des citoyens le Traité de Lisbonne. Qu'est-ce à dire? Un seul pays où le peuple est consulté. Je ne veux vraiment pas être catalogué comme un anti-européen (ce que je ne suis pas) ou tenir un discours populiste sur les élites éloignées du peuple... Pourtant, l'action des élites européennes ne va pas dans mon sens. Au contraire, ils semblent tout faire pour que les peuples détestent l'Europe, ils paraîssent sourds à ce que disent les peuples lorsqu'ils sont consultés.
L'Irlande est peut être un petit pays, mais il y a fort à parier que si le Traité de Lisbonne avait été soumis à référendum un peu partout, d'autres pays l'auraient rejeté.
En guise de rappel, le TECE (Traité Etablissant un Constitution pour l'Europe, sur lequel nous avons voté en mai 2005 en France et non - comme il a été souvent répété - TCE--> Traité instituant la Communauté Européenne, datant de 1957 celui-là, plus connu sous le nom de Traité de Rome) passait en référendum dans 5 pays seulement, et était déjà présenté comme unique opportunité ou vote sans choix. "Il faut voter oui". Après les "non", français et hollandais, les institutions européennes, mais aussi les Chefs d'Etat et chefs de gouvernement européen ont souhaité reprendre de nombreuses dispositions du Traité rejeté afin de poursuivre la construction européenne et de modifier les institutions pour un bon fonctionnement dans une Europe élargie à 27 Etats.
Intention louable que de vouloir poursuivre la construction européenne, à laquelle je n'opposerai pas grand chose. En revanche, n'avoir qu'une seule vision de l'Europe me gène profondément. Comme si un seul système était possible. Pour certains des eurocrates, seule l'Europe telle qu'ils la construisent ("libérale", centrée sur des questions d'immigration, de concurrence pure et parfaite, sur des modèles économiques) est possible. ET LE PEUPLE DOIT VOTER OUI.
C'est preque Brechtien "si le peuple ne nous plaît pas, changeons le peuple".
Donc, un texte rejeté est réutilisé, repris, modifié et ratifié par voie parlementaire, de manière à éviter un vote des peuples... Voilà qui est démocratique, voilà qui va soulever une adhésion générale des peuples à la construction européenne, tiens.
Le "oui" français au Traité de Lisbonne résulte du vote de 560 parlementaires en faveur du traité (sur 63M d'habitants et 910 parlementaires) alors que 15 449 508 personnes avaient voté non en 2005.
Comment peut-on imaginer une seule seconde qu'après avoir insulté les électeurs du non au lendemain du 29 mai 2005 (ce que disaient nombre de "ouistes" était assez sévère, notamment les propos de Serge July, de Michel Rocard ou de Dany le Rouge) et tenter de passer par-delà le vote des citoyens, les citoyens floués et insultés adhèrent ne serait-ce qu'à l'dée d'Europe? Pensent-ils créer une citoyenneté européenne en refusant le vote des peuples?
Ils ne font vraiment rien pour se faire apprécier et faire rêver d'Europe.
Les trois forums "Paroles d'Européens" organisés par Public Sénat et le Ministère des Affaires Etrangères, censés offrir un espace à l'expression des citoyens européens en France, pour préparer la présidence Française de l'union Européenne (pour 6 mois) au 1er Juillet sont un exemple paroxystique de l'UE telle qu'elle est et et est vécue : des membres de la "société civile" ont voulu l'utiliser comme une caisse de résonance contre certaines directives à propos de l'immigration (ouverture du temps légal de maintien en camp de rétention à 18 mois, par exemple, dans la directive Retour) et du travail se sont vus opposés un, voire deux escadrons de CRS à Marseille, bien avant qu'ils puissent arriver sur le site du débat. La salle était presque vide, et en guise de "parole d'européens", des experts (Jean-Pierre Jouyet, des députés européens, J-P Elkabbach, Michel Vauzelle...) à écouter religieusement - ou plutôt, en baillant - toute la journée en ne donnant jamais la parole aux "européens" présents dans la salle.
Enthousiasmant, n'est-ce pas?
Si les citoyens consultés votent non à plusieurs reprises sur un texte, c'est peut-être que le texte lui-même et la manière dont l'UE est en train de se construire ne conviennent pas, n'est-il pas? Est ce si dur à admettre?
A quand des impôts européens? une taxation directe des flux de capitaux? La reconnaissance des services publics par l'UE? Une vraie politique sociale à l'échelle européenne? Une citoyenneté européenne?
Donc, pêle-mêle : un Parlement Européen largement renforcé, voire souverain, qui aurait l'initiative des lois, qui serait élu de la même façon, dans toute l'Europe, le même jour; une Commission Européenne nommée avec un pouvoir réduit, amoindri; des meetings communs à l'échelle européenne; des échanges entre les professeurs d'Université européens organisés; des échanges entres lycées dans l'Europe; une matière commune avec un manuel commun à toute l'Europe; la généralisation de programmes tels qu'Erasmus; la création de vrais dispositifs sociaux; une harmonisation des systèmes de santé par le haut, avec une aide aux Etats en difficulté pour un tel niveau de prestation de la part de l'Union Européenne pour une qualité élevée de prestation d'assurance-maladie partout en Europe...
et j'en passe. Mais ces propositions paraissent une utopie au vu des souhaits de ceux qui construisent l'Europe, au vu des discours de José Manuel Barroso (président de la Commission européenne), ou des principaux dirigeants en Europe.
On entend certains dire qu'il faudrait faire "des aménagements juridiques" (Jean-Pierre Jouyet, Secrétaire d'Etat aux Affaires Européennes), voire faire revoter le peuple. Ils ne feront que renforcer l'image d'eurocrates technicistes et le fossé entre eux et les peuples.
Le peuple a "mal voté"? C'est un problème de "pédagogie"? Donc, le peuple est débile, incapable de comprendre la question qui lui est posée... Evidemment. Il y aurait, le "bon peuple" composé de techniciens qui a donc voix au chapitre et le "peuple inculte" qui vote "mal" et donc n'a pas voix au chapitre. Drôle de conception de la démocratie, mais aussi quel hiatus entre ce discours et la volonté pourtant affichée de l'Europe d'une indépendance et d'une émancipation des citoyens européens!
L'Europe est malheureusement souvent victime de manoeuvres politiciennes, on lui met sur le dos de nombreuses mesures nationales qu'elle n'a jamais réclamé, on la diabolise souvent à l'envi, elle est instrumentalisée pour faire peur ou pour imposer certaines décisions douloureuses. Mais les élites européennes ne font rien pour ne pas en faire le bouc-émissaire idéal. C'est aberrant, mais il en est ainsi. Tout de même, certaines directives sont largement abusives, le poids de la Commission Européenne est surdimensionné, la participation des citoyens est extrêmement réduite, les sujets traités sont souvent loin des préoccupations du citoyen lambda, et l'attitude générale est au mépris des "eurosceptiques" souvent caricaturés...
J'ai bien peur que ce ne soit pas la Prési-dance française de l'UE qui améliore les choses, avec la volonté de Sarkozy de se concentrer sur l'immigration pour avoir une grande réforme à son actif. Ce qu'il prépare est une manoeuvre politicienne pour plaire à la frange la plus à droite de son élecotrat et renforcer son assise auprès de l'aile droite du Parti Populaire Européen.
Et du Parti Socialiste Européen de se coucher, au prétexte du compromis de gouvernance européenne...
Guy Verhofstadt avait proposé d'organiser sur un mode de fédéralisme avancé un petit groupe de pays, pourquoi pas?
Cela mérite réflexion.
En tous cas, la construction européenne telle qu'elle se fait aujourd'hui ne peut continuer. On ne fait pas le bonheur du peuple contre son gré.
Toute l'Histoire de l'Europe nous le démontre. Quand on veut imposer quelque chose au Peuple, tôt ou tard, cela finit mal. Napoléon, même avec la "meilleure armée au monde" n"a pas réussi à "dompter" ni les Espagnols, ni les Russes, et encore moins les Anglais.
Certains rétorqueront que la Constitution de 1958 n'a jamais été démocratique, que c'est un coup d'Etat qui a donné nos institutions françaises, assez bien ancrées aujourd'hui malgré quelques velléités de VIème République.
Peut-être, mais il semble quand même que le peuple soutenait, ou adhérait pour partie au gaullisme et à ce que faisait de Gaulle. C'est loin d'être le cas aujourd'hui pour la construction de l'Union Européenne.
Au moins le Général a t il demandé, democratiquement, aux Français si oui ou non ils voulaient de la V République. Je n'ai pas souvenir qu'on ait demandé à tous les peuples d'Europe, au moins une fois, s'ils voulaient faire partie de l'UE.
Pourquoi l'Europe serait-elle forcément seulement un espace de libre échange concurrentiel?
D'autres systèmes ne sont-ils pas envisageables?
La réduction des possibles politiques est une erreur grave.Il est aussi de notre devoir de citoyens que d'en débattre, de se saisir de la question, de proposer, d'échanger...
Merci aux Irlandais tout de même, espérons que le débat soit assez vif par la suite pour donner autre chose que cet agrégat d'institutions technicisées dont les membres sont sourds, aveugles et méprisants. Je caricature un peu, mais j'en viens à me demander si les dirigeants européens souhaitent vraiment l'Europe.
Je ne sais pas à qui profite le déficit démocratique de l'UE et la désaffection populaire en réaction mais pas à l'Europe en tous cas.
Les valeurs de démocratie, d'émancipation, de lien social, etc. sont aussi celles de l'Europe et de l'Union Européenne. Le problème est alors un hiatus, un décalage entre les valeurs et les actes, le discours et les décisions effectives. L'Union Européenne se renie elle-même.
L'UE chercherait elle à imiter l'URSS ?
Un grand européen nous a quitté. Il serait bon de se rappeler son message. Il était lumineux.