@ Miss Europe : sur la création de trois postes de vice-présidents du Conseil

Sans doute le choix de mes mots lors du déjeuner-débat n’était-il pas très heureux. Il ne peut être question de créer trois vice-présidents du Conseil européen ayant une responsabilité à part entière. Le problème est que le Conseil européen à 27 membres est incapable de délibérer et a besoin d’une structure interne, telle que l’ont toutes les catégories de comités et de Conseils administratifs. Il y a toujours un bureau et deux vice-présidents. Je propose, en raison de son rôle essentiel, que le Conseil européen s’organise lui-même pour devenir plus efficace. Le fait que le Président pourrait s’appuyer sur un bureau de représentants serait, en tout cas, un élément très positif.

@ Aline : élection du Président du Conseil européen au suffrage universel direct

Vous proposez que le Président du Conseil européen soit élu au suffrage universel direct. Dans l’état actuel, cela est impossible car la notion de citoyen européen n’est pas encore suffisamment développée pour que le citoyen accepte de se prononcer dans un collège unique alors même qu’il est évident que les grands Etats membres comme l’Allemagne, la France et l’Italie pèseraient plus lourd démographiquement. Cela serait considéré par les petits Etats membres comme une manœuvre visant à les écarter du collectif. L’UE ne serait d’ailleurs pas en état d’organiser une campagne présidentielle à l’échelle de 500 millions d’habitants, sans langue unique et sans égalité entre les citoyens. Cependant, comme je l’avais évoqué devant la Convention européenne, c’est une réalité en devenir, qui prendra probablement deux générations.

Pauline : l’expérience du Conseil européen comme critère d'éligibilité pour le futur Président
Le critère de l’expérience du Conseil européen que j’ai établi pour le futur Président du Conseil européen ne vise aucunement à limiter le nombre de concurrents potentiels mais simplement de donner une garantie indispensable au système : il est raisonnable d’exiger que le nouveau président n’ait pas à découvrir l’institution qu’il présidera. Il aura besoin d’une connaissance suffisante pour ne pas devoir s’initier au travail du Conseil. En réalité, ce critère n’est d’ailleurs pas très restrictif car le Conseil européen comprend les chefs d’Etat et de gouvernement et les ministres des affaires étrangères et existe depuis trente-cinq ans ce qui représente un réservoir de plus de 150 candidats possibles. Je souhaite que le choix s’ouvre à ces 150 personnes et qu’il ne se réduise pas, comme jusqu’à présent, à trois ou quatre personnalités.