Quelques réponses de VGE
Par Valéry Giscard d'Estaing le vendredi 23 novembre 2007, 15:39 - Réponses aux bloggeurs - Lien permanent
Réponse @ Patrice Cardot
Je ne pense pas que vos inquiétudes soient justifiées. La possibilité offerte aux Etats membres de quitter l’Union européenne par une procédure solennelle et démocratique, qui figurait déjà dans le Traité constitutionnel, est conçue comme une réponse à la campagne d’intimidation des eurosceptiques anglo-saxons qui, entre 2002 et 2004, présentaient l’Union comme une « prison » dont les Etats membres ne pourraient plus sortir. Il s’agit simplement de souligner que l’adhésion à l’Union repose, comme tout grand acte démocratique, sur la volonté populaire.
Quant à la mise en cause de certaines compétences, il est vrai que dans l’UE, beaucoup ont le sentiment que les institutions européennes avaient tendance à s’approprier des sujets y compris des questions sortant de leur domaine de compétence. La procédure selon laquelle certaines compétences pourraient éventuellement être retirées à l’UE est une procédure lourde, supposant un accord unanime et qui sera sans doute très difficile à mettre en pratique.
Réponse @ Jacques Roman
Vous avez raison de dire que la déclaration interprétative est une technique juridique permettant de préciser l’état d’esprit dans lequel l’Etat en cause accepte un traité.
Le recours à cette technique aurait permis d’éviter une réécriture laborieuse du texte aboutissant au nouveau Traité dit « simplifié ».
Je suis complètement d’accord avec vous sur le fait que l’absence de référence aux symboles dans le traité n’empêchera nullement les Etats membres qui le souhaitent d’officialiser ces pratiques à leur égard. Je me réjouirais d’ailleurs que l’on propose un code d’utilisation du drapeau et de l’hymne européens. Une grande majorité des Etats membres approuverait ce code et ceux qui se tiendraient à l’écart seraient ainsi mis en situation d’exception.

Commentaires
UNE DÉCLARATION INTERPRÉTATIVE ?
Je remercie le Président Giscard d'Estaing de sa réponse, qui ouvre des perspectives intéressantes.
Il est exact que la procédure de la déclaration interprétative aurait pu être employée en 2005 . Mais l'opinion publique ne s'est réveillée que très tard contre le TCE, et jusque-là le président de la République, le gouvernement et le Parlement tenaient la ratification pour une simple formalité, de sorte qu'ils n'ont sans doute pas pensé une seconde à une déclaration accompagnante au moment du débat parlementaire ; après, c'était trop tard.
Mais il n'est pas trop tard pour bien faire !
Le gouvernement et le parlement disposent de plus d'un an pour élaborer un texte bref qui porterait sur les points suivants :
- En général, la ratification du traité modificatif par la France devrait être interprétée comme signifiant avant tout la volonté de doter l'Union européenne de mécanismes institutionnels propres à favoriser une union toujours plus étroite dans le cadre d'une libre association d'États souverains fonctionnant sur la base de la démocratie participative ;
- La ratification n'affecterait en aucun cas les principes constitutionnels français, notamment ceux concernant la laïcité et les services publics ;
- Aucune disposition du traité modificatif et des deux traités qu'il modifie n'aurait pour effet d'empêcher la mise en place d'une politique de défense indépendante de l'Union européenne.
Peut-être aurait-on le temps de s'entendre avec les États membres qui voient les choses comme nous sur un texte commun.
En tout cas, rien n'empêcherait les États membres qui le veulent d'adopter entre eux, comme le suggère le Président Giscard d'Estaing, des modalités d'application des traités - par exemple en ce qui concerne l'usage des symboles de l'UE. Au besoin, cela pourrait se faire dans le cadre des coopérations renforcées.
L'affirmation du principe de la démocratie participative (même s'il figure déjà dans les nouveaux traités) me paraît essentielle dans ce contexte.
Un des grands avantages de la procédure serait qu'elle permettrait de satisfaire au moins à une partie des réticences qui se sont exprimées en 2005 et d'aider à rassembler les Français sur une vision commune de la construction européenne.
Notre président de la République, qui voulait un 'traité simplifié" ou "minitraité", y verra peut-être d'autres avantages. JR
DÉCLARATION INTERPRÉTATIVE (SUITE)
Il ne faudrait pas oublier d'inclure dans la déclaration l'interprétation suivante relative à la Charte des droits fondamentaux :
- qu'aucune disposition de cette charte ne peut avoir pour effet de réduire l'application théorique ou pratique des droits fondamentaux tels qu'il sont reçus en France.
Comme on sait, la Charte des droits fondamentaux dévie sur certains points des droits énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l'homme (l'exemple auquel je pense est celui du "droit au travail", que la Charte remplace par le "droit de travailler"). JR
Bonsoir mr le président je suis heureux pouvoir vous parler sur ce blog j'admire votre parcours car vous avez ete ministre des finances du president pompidou qui a relancé la construction européenne au congrés de la haye en 1969 en permettant à la grande bretagne d'integrer l'union européenne j'ai lu votre livre le pouvoir et la vie
qui etait passionnant j'espere pouvoir me procurer le tome2
l'affrontement j'ai finalement voté oui au projet de constitution, meme si je craignais que l'autorité des parlements nationaux se trouve reduite , ma question est la suivante je voudrais savoir ce qu'impliquera le vote à la majorité qualifiée .
si j'avais été majeur mr le président j'aurai voté pour vous en 1981
Bonsoir et merci pour votre réponse