Sébastien disait:

La création du haut représentant en matière de politique étrangère ne change rien, par rapport à l'existant. Mais cela aurait été de toute façon le cas quelle que soit la terminologie adoptée, fût-elle celle d'un ministre des affaires étrangères.

La création d’un Haut représentant en matière de politique étrangère ou, mieux encore, d’un Ministre des affaires étrangères serait un grand changement par rapport à la situation existante.

Il mettrait fin au double emploi qui existe entre la fonction actuelle de M. Javier Solana, et celle assurée au sein de la Commission par Mme Benita Ferrero-Waldner, responsable de l’aide extérieure de l’Union européenne.

Une seule et même personne traiterait ainsi les problèmes et répondrait aux fameux appels téléphoniques de Henry Kissinger : « je voudrais parler à l’Europe ».


Arnaud Pierre disait:

Je constate que Sarkozy a dit à Strasbourg des choses nouvelles et intelligentes sur l'Europe. Sarkozy n'a pas fait Polytechnique mais il a de sacrées intuitions: «Ce n’est pas le « non » au référendum des Français et des Néerlandais qui a mis l’Europe en crise. C’est la crise de l’esprit européen qui a provoqué les « non ».»

Je ne suis pas d’accord avec votre affirmation selon laquelle « c’est la crise de l’esprit européen qui aurait provoqué le non » au Référendum.

Pendant toute la période qui a précédé le mois de Février 2005, il y avait dans tous les sondages une nette majorité de Français et de Françaises qui se sont prononcés en faveur du Traité constitutionnel adopté en 2004. Cette majorité était régulièrement supérieure à 60%. Il n’existait donc pas de crise de l’esprit européen en France.

Le changement de tendance qui s’est poursuivi à partir de Février 2005 a correspondu à une détérioration sensible de la situation économique et sociale de la France, et par une baisse rapide de popularité du pouvoir en place, qu’il s’agisse de Jacques Chirac ou de Jean-Pierre Raffarin.

Au moment du vote du référendum, leur cote était affaiblie. L’explication du « non » tient davantage à la détérioration de la situation politique interne et à la crainte de nouveaux élargissements, qu’à ce que vous appelez la crise de l’esprit européen. D’ailleurs, peu de mois après le vote négatif au référendum, les sondages de l’eurobaromètre ont fait apparaître, à nouveau, une nette majorité de l’opinion française favorable à l’adoption d’une Constitution pour l’Europe.


Jacques Kotoujansky disait:

Comment M. Giscard d'Estaing voit-il cette question des "minorités" et de l'"ethnisme" pour l'avenir du continent ? Voilà une bonne question ! J'espère qu'il pourra intervenir là-dessus.

La question que vous posez sur l’utilisation, par des minorités de notre Pays, de la Charte des droits fondamentaux pour faire avancer leur demande d’un statut particulier a été longuement discutée au sein de la Convention du fait, notamment, des préoccupations espagnoles qui étaient beaucoup plus vives que les nôtres.

Il a été précisé dans le texte du projet de Traité que l’organisation interne des Etats restait de leur stricte compétence et que l’Union n’avait pas le pouvoir d’y intervenir. La Charte des droits fondamentaux ne pourrait pas être invoquée pour servir des demandes politiques.

En revanche, les Articles 21 et 22 ont pour objet principal de protéger les droits linguistiques et culturels des minorités nationales et d’éviter toute persécution à ce titre. Le problème ne se pose pas pour la France puisque notre droit national le règle. C’était une réponse à une demande forte liée à des situations telles que celle de la communauté hongroise de Roumanie qui souhaitait voir reconnaître et protéger son droit linguistique et identitaire.

La crainte que vous avez concernant une volonté insidieuse de l’Allemagne de détruire la « France » ne repose, à mon avis, sur aucune analyse sérieuse, et je n’en ai trouvé la trace ni dans l’expression très modérée des membres allemands de la Convention européenne, ni dans celle de la presse allemande dont je fais la lecture quotidienne.

Puis-je vous demander de modérer vos accusations vis à vis de ceux qui, comme moi, ont combattu pour la libération de la France en 1945, ont soutenu le rétablissement de l’image de notre Pays sous l’impulsion du Général de Gaulle, et qui ont su se réconcilier avec l’Allemagne d’Adenauer.