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Le blog de Valéry Giscard d'Estaing, pour la démocratie en Europe

vendredi 23 mai 2008

Démocratie ? Transparence ? Quelle procédure pour choisir les futurs responsables européens ?

Le mercredi 21 mai 2008 a eu lieu un petit déjeuner du Mouvement européen avec Valéry Giscard d’Estaing.

Pour lire le compte-rendu, cliquez ici.

mardi 20 mai 2008

Impressions de Bruxelles

De retour de Bruxelles, j'ai rapporté l'impression que la procédure de désignation du futur Président du Conseil européen suscitait une interrogation nouvelle, notamment au Parlement européen.

Deux questions sont désormais soulevées:
1) celle de la date de désignation du Président: avant ou après les prochaines élections européennes?
2) celle, soutenue notamment par les parlementaires allemands et belges, de voir cette désignation s'effectuer en deux temps: définir, d'abord, les caractéristiques de la fonction et les modalités de son exercice; se consacrer, ensuite, au choix de la personnalité.

On peut y voir des signes encourageants dans le sens d'une prise de conscience de l'importance historique et politique de la désignation du futur Président, et je m'en réjouis. J'aimerais connaître vos réactions.

mardi 29 avril 2008

Discours sur "la citoyenneté européenne"

VGE devant l’Académie Royale de Belgique, le 25 avril 2008.

Extraits :

Une citoyenneté européenne faiblement ressentie

Des facteurs d’homogénéisation

Pas une affaire de droit écrit mais de supplément d’âme

dimanche 27 avril 2008

"Un grand installateur pour l'Europe"

Entretien de VGE avec le quotidien belge LE SOIR paru le 24 avril 2008. Propos recueillis par Joëlle Meskens.

Vous êtes ce jeudi à Bruxelles pour y être distingué par l’Académie royale de Belgique…

Ce sera un grand plaisir et un grand honneur de participer à la vie de cette Académie. Parce que l’Europe, ce ne sont pas seulement des relations entre Etats. Ce sont aussi des rapports entre des personnes, des associations, des institutions importantes comme cette Académie...

Le traité de Lisbonne entrera bientôt en application. C’est un recul par rapport au traité constitutionnel ?

Toute la partie institutionnelle est identique, au mot près. Mais il est difficile de parler de traité simplifié, tant il est devenu illisible. Cela a un importance psychologique pour les Européens. Ils avaient souvent l’impression que l’Europe se faisait sans eux, ou malgré eux. Cela ne va pas améliorer leur sentiment.

De ce point de vue, le fait d’avoir gommé tous les symboles de l’Union est significatif ?

C’est un recul regrettable. Imaginez qu’en France on renonce à la Marseillaise, et en Grande-Bretagne au « God save the Queen ». C’est la même chose à l’échelle européenne. L’Europe, c’est une population de 500 millions d’habitants à la recherche d’éléments d’unité. Alors pourquoi lui retirer son drapeau, son hymne ? C’est tout à fait négatif. J’espère que ceci amènera à une réflexion : on ne peut pas poursuivre l’intégration avec des gens qui ne la souhaitent pas. C’est un paradoxe historique. Pour des raisons qui leur sont propres et que je respecte, certains pays ne souhaitent pas cette intégration européenne. Ils n’utilisent pas la monnaie européenne, ils n’appartiennent pas à l’espace Schengen, ils ne reconnaissent pas la valeur juridique de la Charte des droits fondamentaux : cela les place en situation d’exception.

Maintenant que ce traité va entrer en application, l’Europe va enfin pouvoir sortir de l’ornière?

Oui. Je suis peu qualifié pour parler du « non » néerlandais, mais s’agissant du « non » français, son interprétation a reposé sur un malentendu. Une grande partie de ceux qui ont voté « non » ne se sont pas exprimés sur le texte du Traité constitutionnel. Ils ont dit « non » au pouvoir en place qui était impopulaire. Ils ont voté « non » parce qu’ils étaient hostiles à un élargissement trop rapide (notamment à la Turquie), et ou parce qu’ils avaient peur des délocalisations. Les circonstances ont changé : les responsables politiques ne sont plus les mêmes ; on a compris que les délocalisations s’expliquaient d’abord par un problème de compétitivité, et les perspectives d’élargissement sont désormais beaucoup plus prudentes…

Vous plaidez pour une pause ?

C’est indispensable. Au moment de la création de l’Europe, dans les années 50, les esprits étaient encore ancrés dans une culture nationale. Puis, cela a évolué. Mais dans la période récente, cet esprit européen a commencé à reculer, car le grand objectif de la paix en Europe paraissait désormais acquis. L’opinion ne parvient plus à distinguer entre les compétences européennes et les compétences nationales. C’est l’affaire d’une génération. Pendant cette période, on ne peut pas ajouter encore l’effort supplémentaire que représenterait un nouvel élargissement.

Mais élargir l’Europe, dont le poids démographique est de plus en plus faible à l’échelle mondiale, ne lui donnerait-il pas plus d’influence?

Je ne le crois pas, parce que cette Europe-là serait trop hétérogène et trop affaiblie économiquement…

Dans cette pause, vous incluez la Turquie ? Il faut arrêter de négocier avec elle ?

Il ne faut pas arrêter de négocier avec elle, mais il faut le faire comme les Etats-Unis négocient avec le Mexique. C’est-à-dire entre voisins. Mais pas en vue d’une adhésion. Négocier en vue d’instaurer un système de rapports mutuellement satisfaisant.

Ces nouvelles institutions, il faudra des hommes pour les faire vivre. Quel serait selon vous le portrait robot idéal du nouveau président ?

Ce qui me préoccupe d’abord, c’est qu’il n’apparaît en ce moment aucun souci de préparation ! Or il s’agit tout de même d’un évènement historique ! Pour la première fois de notre longue histoire, un homme ou une femme pourra se dire président du Conseil européen. C’est un événement formidable ! Mais on n’y réfléchit peu, on ne prépare rien, il y a simplement quelques intrigues à l’intérieur du milieu pour tester des noms. Il faudrait tout de même que ce processus de désignation ressemble à un processus démocratique. Que des hommes et des femmes puissent présenter leur candidature, expliquer leur programme, etc. Dans un premier temps, on devrait travailler à donner un cadre à cette désignation. Cela pourrait se faire avant les élections européennes de l’année prochaine. Ensuite, trois mois après, le Conseil pourrait choisir le meilleur candidat. Ce sera, vous le savez, une désignation à la majorité qualifiée, et donc sans droit de veto.

Puisque vous plaidez pour la transparence, serez-vous, vous-même, candidat ?

Je pense que l’on ne peut parler utilement de ce sujet que si on ne pense pas à soi. Tout dépend de ce que serait le schéma. Deux types de présidents sont possibles. Le premier profil est celui d’un « grand installateur ». Ce serait un homme ou une femme d’expérience, qui ne ferait probablement qu’un seul mandat de deux ans et demi, qui installerait le système, qui fixerait les règles, le climat, un peu à la manière de George Washington dans son premier mandat. Le second profil est celui du président opérationnel : c’est celui qui animera le système et qui donnera les impulsions nécessaires. Si on le trouve, pourquoi pas ? Dans cette catégorie, on pourrait penser à Angela Merkel. C’est elle qui est à l’origine des grands compromis européens de l’année dernière.

… ou Guy Verhofstadt ?

Oui, lui aussi a montré sa grande capacité au moment de la rédaction de la déclaration de Laeken. Ils pourraient être des « opérateurs ». Mais il serait peut-être plus logique de procéder en deux temps, et de nommer d’abord quelqu’un qui aurait la tâche symbolique, emblématique, d’incarner en premier la fonction…

Et là, vous répondez étrangement au profil !

C’est vous qui le dites, ou plutôt qui aimeriez me le faire dire ! Ce qui est sûr, ce que je n’invoquerai pas l’âge comme un argument en ma faveur !

Qu’attendez-vous de la présidence française, dans deux mois ?

La priorité des priorités, c’est que ce soit une présidence européenne et pas une présidence française ! L’inconvénient du système de rotation est de faire croire qu’il s’agit d’une fonction nationale. La France devra agir pour le compte de l’ensemble de l’Europe et non pour son compte personnel. Il faudra qu’elle fasse avancer certains dossiers : l’énergie, l’environnement, la charte de l’immigration. Des avancées sont sans doute possibles aussi dans le domaine de la défense.

Vous mettez en garde contre une politique de coups d’éclat ?

Oui, on nous reproche souvent notre arrogance, et on a quelques motifs de le faire ! Il faut que cette présidence soit modeste. Soyons clairs : nous devons mettre notre expertise, nos compétences au service de l’Europe, et ne pas chercher à imposer des solutions françaises aux problèmes européens.

Vous le direz au président Sarkozy ? Il vous consultera ?

Rien n’est prévu pour l’instant. Mais je l’ai déjà dit au ministre des Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, qui évolue dans ce sens.

Vous évoquez la défense européenne, comment réagissez-vous au souhait de Nicolas Sarkozy de la faire progresser tout en voulant réintégrer le commandement militaire de l’Otan ?

Je ne vois pas bien le lien entre les deux questions ! La nécessité, c’est de doter l’Europe d’une défense. L’Europe a une monnaie, un marché, un début de citoyenneté : elle doit avoir une défense, comme toute autre grande collectivité humaine. Mais quel rapport y-a-t-il avec l’Otan ? Les Américains ne bloquent pas l’Europe de la défense. On ne peut qu’établir un lien artificiel, en imaginant qu’un pays partenaire a fixé cette condition, car notre situation de non intégration dans le dispositif militaire de l’OTAN depuis 1967 ne nous a posé aucun problème… Cela a pu faire partie d’une discussion à trois, au détriment du lien Franco-allemand…

Vous regrettez l’affaiblissement de cet axe ?

L’affaiblissement de ce lien ne peut être que provisoire. Il n’y aura pas d’union européenne sans une relation intime entre la France et l’Allemagne. On semble aujourd’hui se rapprocher davantage des Britanniques. C’est une relation intéressante, avec une grande nation, mais dont nous ne pouvons pas attendre un progrès de l’Union européenne. D’ailleurs le discours fondateur de Winston Churchill à Zurich, en Septembre 1946, précisait bien que « la puissante Amérique et la Grande-Bretagne parraineraient la nouvelle Europe, issue des initiatives communes franco-allemandes.

Le débat sur l’Union méditerranéenne est lancé. Qu’en pensez-vous ?

Je n’aime pas critiquer les initiatives françaises mais je dois dire que le premier projet me paraissait évidemment inacceptable ! Le mot même d’ « Union » évoque nos quatre libertés : liberté de circulation des personnes, des marchandises, des services et des capitaux. C’était une chimère ! D’autre part, les pays concernés ne s’entendent pas entre eux ? et ont parfois des régimes politiques qui seraient considérés comme incompatibles s’ils étaient dans l’Union européenne. Grâce à Angela Merkel, dont l’influence a été déterminante, le Conseil européen a ramené ce projet à une dimension qui peut être utile, et qui est finalement le prolongement du programme de Barcelone.

A quatre mois des Jeux Olympiques, l’Europe doit-elle adopter une position commune vis-à-vis de la Chine ?

Si nous devions faire quelque chose, ce serait évidemment au nom de l’Europe entière, sinon cela n’aurait aucun sens et exhiberait nos divisions. Cela dit, ceux qui se sont exprimés se sont trompés de cible. Ils n’ont pas vu qu’ils blessaient non pas les dirigeants mais le peuple chinois lui-même. Celui-ci se prépare depuis sept ans pour cette grande fête. Il sait que la Chine a changé, sans doute pas suffisamment, mais dans le bons sens. Alors il ne comprend pas. Les manifestations, souvent très confuses, et qui ont donné lieu à des images violentes sur les écrans, ont constitué une vraie blessure pour le peuple chinois. C’est pourquoi la chose la plus sage à faire pour l’instant serait de se taire et d’exprimer nos désaccords, s’il y a lieu, par la voie diplomatique. Ces Jeux Olympiques, il faut les vivre comme la fête mondiale du sport. Toute autre interprétation défigure le message d’Olympie, et de Pierre de Coubertin.

mercredi 23 avril 2008

À HEC, VGE donne sa vision de l'Europe

Pour lire le compte-rendu de l'intervention de VGE à HEC le jeudi 17 avril, cliquez ici.

jeudi 7 février 2008

Election du Président du Conseil européen : quelle procédure préalable ?

Le Traité de Lisbonne en cours de ratification reprend les dispositions du projet de Traité constitutionnel concernant la réforme des Institutions de l’Union européenne. La Convention européenne s’était interrogée sur la manière dont celles-ci devaient être mises en œuvre, mais il ne lui appartenait pas d’en fixer les modalités puisque sa mission était limitée à la rédaction du Traité lui-même.

Cela signifie qu’à l’heure actuelle, cette mise en application n’a pas fait l’objet d’un examen méthodique.

Cela est le cas notamment de l’élection du Président du Conseil européen. Il est décidé que le Président sera élu par le Conseil européen à la majorité qualifiée, mais rien n’est précisé concernant la procédure préalable à cette élection.

Or, la définition de cette procédure doit être entreprise avec beaucoup de soins si l’on veut donner à la désignation du Président un caractère démocratique tenant compte des attentes de l’opinion publique. Il s’agit, en effet, du premier Président stable de l’Union européenne et nous devrions avoir à l’esprit le précédent de George Washington.

Cliquez sur les liens suivants

1) Les points d’interrogation

2) La préparation de l’élection

3) L’initiative à prendre

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